Expo Hergé : on ne demande pourtant pas la Lune !

On s’y précipita avec délices. Notre cher Rémi s’exposait au Grand Palais avec force originaux, esquisses, vignettes, doubles pages de lignes claires et autres planches mises en couleurs. Toute une enfance revisitée, l’histoire d’un coup de crayon et d’un imaginaire fécond mis à plat, un voyage en terre de Belgique croqué d’un trait vif. Du pur Hergé, quoi. Pour tout cela, on ne fut pas déçu.

Pour le reste, c’est une autre histoire.

On savait déjà, pour l’avoir déjà expérimenté, que scénographier des œuvres en 2D, c’était pas gagné. Et bien là, c’est perdu. Et la muséographie ne s’en sort pas tellement mieux.

Au programme, critique, il est vrai :

. un parcours ni rétro-chronologique ni thématique, ce qui nuit gravement à la compréhension des influences et des inspirations ;

. des dizaines de planches directement sorties des archives et collées contre les murs comme on fusille un condamné à mort, sans merci ;

. deux installations chronologiques murales résolument installées de droite à gauche alors que le sens de visite incite au déplacement de gauche à droite : embouteillage et incompréhension assurés ;

. quelques trop rares séquences d’archives vidéo, dont certaines franchement misérables ;

. aucun interactif de découverte (on aurait adoré feuilleter des images de héros, de méchants, de décors, de phylactère…). On reste sur sa faim.

. trop peu de témoignages et d’analyses : Michel Serres est bien seul avec sa minute de commentaire ;

. des maquettes en volume franchement ridicules (l’énorme maquette du château de Moulinsart est pleine… de vacuité, tout comme le pupitre d’écolier, sans contexte),

. une installation avec des esquisses originales de Tintin et l’Alfph’Art installées en forme de H E R G E, une fausse bonne idée en fait, car les visuels du haut sont vraiment trop hauts et ceux du bas vraiment trop bas : résultat illisible. Il faudra acheter l’album.

A la décharge (oups, mes chevrotines !) de la frilosité des concepteurs du Grand Palais, on ne connaît pas les conditions de prêts des œuvres par Moulinsart, la sourcilleuse gardienne d’un temple de papier.

Heureusement que le génie d’Hergé sauve le coup !

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