Le client idéal…

Vous l’avez déjà rencontré ? Non ? Moi si !
Et c’est tellement rare qu’il faut le narrer en détail (arrêtez de vous narrer, au fond !).
C’est un homme, une femme, une institution publique ou une entreprise ; je n’en dévoilerai pas plus sur son identité, discrétion oblige.

Il a eu le bon goût de faire appel à nous sur nos références, notre réputation et surtout à l’aune de son seul jugement. En effet, il sait ce qu’il veut et donc peut choisir le professionnel qui correspond le mieux à ses attentes, à sa vision (et oui, il a une vision de son projet, lui), sans tergiverser, ni barguigner.

Ouvert, curieux, entreprenant, il est sûr de son projet muséal qu’il a longuement mûri. Ses objectifs sont définis, sa feuille de route est tracée, son budget est en phase avec son ambition, ses délais sont raisonnés. Le rêve, quoi. Y a plus qu’à.

Quand le travail débute, on est très bien reçu. Il ne nous laisse pas en plan dans une gare improbable, il nous invite à déjeuner, il se rend disponible le temps nécessaire à un échange circonstancié et approfondi, il écoute nos interrogations et nos premières remarques, il précise les points délicats, nous entraîne dans son projet et nous met en confiance. C’est presque comme discuter avec un ami.
Comme il a été assez malin pour mettre une certaine pression ; l’air de rien, avec un souci de la précision et un niveau d’exigence assez élevé, on est prêt à l’investissement personnel et au dépassement. Bien vu.

Quand on revient avec les premières idées construites, il sait immédiatement juger de la pertinence du scénario, il s’enthousiasme des propositions créatives même s’il les tempère parfois, il embraye sur leur développement et lance derechef la réalisation du projet. Il ne se formalise nullement des brouillons d’idées, des esquisses et des mickeys, il les prend pour ce qu’ils sont : des ébauches. Il avoue qu’il y a des choses qui lui échappent dans la découverte de notre métier. Il fait confiance à notre savoir faire. 
Et bien sûr, paye rubis sur l’ongle la première facture d’honoraires.

Ensuite, les mails et les conversations skype s’enchaînent pour approfondir un détail, éclaircir un dispositif, discuter du choix d’images ou d’informations pour construire le projet. Structurer, préciser, affiner, la connivence s’installe. Il est notre partenaire de jeu, nous envoie ses idées, ne se vexe pas si on lui démontre que ce n’est pas ça. Et comme il sait être à l’écoute de nos alertes, il ne tarde jamais à valider l’avancée du projet, phase après phase. 

Les réunions de chantier sont comme dans un rêve : il s’extasie sur la compétence des artisans, s’amuse des prototypes bricolés, discute, cherche à comprendre, améliore et valide les détails des dispositifs en fonction de ses objectifs d’exploitant. Il nous tient aussi au courant des chantiers secondaires qu’il pilote de son côté afin que l’intégration finale se passe le mieux possible.

Pendant le chantier d’intégration sur site, il accueille chacun, l’associe à ses propres équipes-projet, surveille enthousiaste – et sans s’imposer – la mise en place de chaque élément scénographique, s’émerveille du rendu en grandeur réelle, s’approprie l’exposition avec tellement de fougue que le fameux « expo blues » ressenti à la livraison d’une expo et que nous redoutons est à peine perceptible.
Et l’inauguration est forcément un succès.

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